Pour Otmar Lahodynsky, président de la fédération internationale de l’Association des journalistes européens, le meurtre de Samuel Paty, assassiné le 16 octobre par un islamiste radical, témoigne une fois de plus de l’incompatibilté entre la sharia et les valeurs européennes de liberté, de laïcité et de tolérance.

L’horreur est grande en France et dans toute l’Europe : le professeur d’histoire Samuel Paty a été poignardé et décapité vendredi dernier dans la banlieue de Paris. Un jeune homme de 18 ans d’origine tchétchène a commis cet acte cruel avant d’être abattu par la police.

C’est aussi une atteinte à la liberté d’expression, à la tolérance et à la séparation entre l’Etat et la religion, qui est l’un des principes républicains fondamentaux en France.

Ce père de famille de 47 ans avait abordé le sujet de la liberté d’expression en classe, en présentant des caricatures du magazine satirique Charlie Hebdo qui se moquent de Mahomet et de l’Islam radical. Le père musulman d’une des élèves de Paty a ensuite lancé une campagne de haine contre le professeur sur les réseaux sociaux.

Des prêcheurs radicaux se sont joints à cette « fatwa » privée. Les autorités islamiques – comme le site officiel de la Grande Mosquée de Paris – ont également publié la vidéo et exigé des mesures contre le professeur pour blasphème.

À présent, les commentaires sur le meurtre de Samuel Paty sont tous sur le ton du regret. En France, sur les forums en ligne des institutions islamiques, mais aussi sur la page Facebook de la radio publique autrichienne, on pouvait lire non seulement des messages d’indignation mais aussi de nombreux commentaires qui faisaient preuve de compréhension pour la décapitation du professeur. Ce geste aura un effet dissuasif sur ceux qui se sentiraient autorisés à se moquer du Prophète. Un argument similaire a été avancé il y a presque six ans après l’attaque terroriste contre la rédaction de Charlie Hebdo. Et tout récemment, un musulman fanatique a poignardé deux passants devant l’ancien siège de la rédaction.

Récemment encore, le président français Emanuel Macron a appelé à des mesures plus strictes contre le « séparatisme islamique » des citoyens qui rejettent les valeurs libérales et laïques de la société. Ce n’est que récemment, par exemple, que la délivrance de certificats de virginité est devenue une infraction punissable. Désormais, les forums en ligne doivent être surveillés de plus près et les messages de haine doivent être supprimés plus rapidement.

Les valeurs fondamentales telles que la liberté d’expression et l’Etat de droit doivent être mieux protégées dans tous les pays de l’UE. Il doit être clair que la charia ne peut se concilier avec le système juridique européen. Les prêcheurs de haine doivent être punis et empêchés de s’adresser aux croyants, en particulier les jeunes. L’instruction religieuse doit être plus strictement contrôlée, y compris ce qui est prêché dans les mosquées.

Peut-être faudrait-il également introduire un enseignement obligatoire de l’éthique, dans le cadre duquel les jeunes citoyens de l’UE et les migrants apprennent les valeurs fondamentales que constituent les libertés civiles dans la société européenne. Les appels à la haine – et j’inclus les attaques contre les homosexuels par les évêques et les prêtres catholiques en Pologne – doivent être punis. Nous devons tous cela à l’enseignant et père de famille Samuel Paty, qui est mort pour nos valeurs.

L’article paru dans le Wiener Zeitung (en allemand).

Posted on: 22 octobre 2020 | Author: ajefrance
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