L’AJE-France s’associe aux autres sections pour dénoncer le projet de loi sur les médias en ligne actuellement à l’examen du Parlement albanais. L’AEJ indique que ce projet constitue une « attaque directe » contre la liberté des médias en ligne.

L’AEJ Albanie se joint aux déclarations de 15 autres associations et à la position de l’OSCE, selon lesquelles ce projet pose de nombreux problèmes et affecte directement la liberté des médias en ligne. Le soi-disant projet de journal télévisé anti-infox, qui vise à arrêter la diffusion de fausses nouvelles, de pédopornographie  et d’informations qui constituent un risque pour la sécurité nationale, reflète en fait les demandes du Premier ministre Edi Rama et non celles du public albanais, de la communauté des médias et des associations qui les protègent.

15 associations de journalistes ont vivement critiqué ce nouveau projet qui n’a pas encore été voté par le Parlement, le considérant comme une menace importante pour la liberté des médias et ne donnant aucune solution aux autres questions liées aux fausses informations, à la propagande, aux discours haineux et à la désinformation.

La loi a également été critiquée par les représentants de l’Union européenne et de l’OSCE, qui exigent des approches plus souples et moins rigoureuses. Le représentant du Conseil de l’Europe a déclaré que la réglementation des médias en ligne n’est pas conforme à celle du Conseil de l’Europe et qu’il est donc nécessaire de travailler avec l’autre stratégie sur les médias en ligne et papier.

La représentante de l’OSCE pour les médias à Tirana, Irina Radu, a déclaré que les gens font davantage usage des médias en ligne, parce que c’est moins cher et moins contrôlé. Auparavant, le représentant de l’OSCE pour la liberté des médias, Harlem Desir, avait également demandé une révision du projet de loi proposé par le gouvernement.

Le prestigieux New York Times a également reçu des commentaires pour revoir ce projet, ce qui pourrait affecter la liberté des médias en ligne.

La loi a été rédigée sans consultation initiale avec les associations de journalistes, mais elle a été tenue secrète jusqu’à il y a quelques semaines. La loi accorde à l’AMA (Agence albanaise des médias audiovisuels) le pouvoir légal d’infliger des amendes aux médias en ligne sur la base de plaintes de tiers, ou d’ordonner la fermeture de l’accès à Internet en Albanie, ou d’imposer des amendes allant jusqu’à 8 millions de leke (environ 6 500 euros). Elle donne même à l’AKEP, une institution dont le chef est nommé par les politiques, de fermer les médias en ligne sans une procédure légale appropriée dès qu’une plainte déposée par un tiers, ce qui augmente considérablement la censure et le risque d’autocensure dans les médias.

En outre, l’imposition d’une taxe de 20 % sur les médias en ligne et de 6 % sur la télévision montre une fois de plus l’intention malveillante de cette initiative du parti au pouvoir envers les médias en ligne qui ont une attitude critique à son égard. Selon les données officielles, les médias traditionnels sont ceux qui ont le chiffre d’affaires annuel le plus élevé et ne sont sans doute pas les moins taxés.

AEJ Albanie souligne que l’autorégulation est la meilleure solution pour les médias albanais, car toute ingérence politique viole leur indépendance et a un impact négatif sur la démocratie du pays.

Pour ces raisons, elle demande au gouvernement et aux députés de ne pas voter sur cette initiative juridique et de la retirer. Son adoption risque de nuire à la liberté des médias dans le pays et de ne pas avoir d’effet positif sur le processus d’intégration européenne.

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