A l’approche des élections européennes, vous voulez peut-être démêler le vrai du faux et essayer de mieux comprendre l’objet du scrutin avant de voter. Il ne vous a pas échappé que si on parle beaucoup de l’UE ces derniers temps, c’est surtout par une avalanche de critiques, de doléances et d’insatisfaction.

Après cinq années de crise financière, un chômage à la hausse dans de nombreux pays, des déséquilibres croissants entre l’Allemagne et la France, les institutions européennes ne sont pas à la fête. «L’Europe au banc des accusés » a pour but de «vous plonger dans la vie de l’Europe. De parcourir les rues de Bruxelles au milieu des lobbyistes et des eurocrates, unis par les mêmes costumes sombres, pour comprendre leurs relations. De replonger dans l’atmosphère apocalyptique des sommets-de-la-dernière-chance et des nuits blanches de nos grands leaders, pour pointer les faiblesses et les réussites de l’euro.»
Sous couvert d’un procès imaginaire fait à l’Union Européenne, neuf chefs d’accusation sont dressés en autant de chapitres :
– L’Europe est un monstre anti-démocratique
– L’Europe se mêle de ce qui ne la regarde pas
– L’euro est un échec cuisant
– L’Europe est l’ayatollah du libéralisme économique
– L’Europe ne se préoccupe pas de ses citoyens
– L’Europe est aux mains des lobbies
– L’Europe ne protège pas contre la mondialisation
– L’Europe a accueilli trop de pays
– L’Europe est dirigée par des nuls.
L’ouvrage ne se veut donc pas une défense de l’Union, mais plutôt l’exposition de faits pour comprendre comment fonctionne cette chose si décriée. Les deux auteurs, journalistes au quotidien Les Echos, sont des connaisseurs du sujet : Catherine Chatignoux est responsable des sujets européens, et Renaud Honoré correspondant permanent à Bruxelles. Les problématiques sont exposées de façon claire, et le non-initié s’y retrouvera sans problème. Depuis la garde d’enfants dans les couples franco-allemands jusqu’aux négociations autour des tarifs douaniers, en passant par les prix du TGV, les auteurs illustrent très concrètement les problèmes posés. Ils font aussi un travail de fact-checking bienvenu dans le foisonnement d’informations approximatives qui circulent autour des questions européennes. Les confidences recueillies éclairent parfois cruellement les comportements nationaux, comme cet homme politique français qui glisse qu’« on vient chercher à Bruxelles les réformes qu’on n’a pas le courage d’assumer à Paris ». Pour ensuite montrer « les méchants eurocrates » du doigt et se justifier auprès des électeurs. Comme l’écrivent les auteurs : « le rôle de bouc émissaire est celui que l’Union Européenne a toujours endossé avec le plus d’élégance »…

On ne va pas vous le cacher : à l’AJE, nous connaissons et apprécions les auteurs, et Renaud Honoré s’est vu décerner le dernier prix Louise Weiss du journalisme européen. Je vous conseille donc de lire cet ouvrage, qui parvient à traiter avec humour et rigueur d’un sujet souvent considéré comme trop austère dans les rédactions. Du journalisme européen comme on aime.

Fabrice Pozzoli-Montenay

« L’Europe au banc des accusés » – Editions Plon

ISBN 9782259223300
204 pages
14,90 €

Posted on: 16 mai 2014 | Author: ajefrance
Categories: Livres

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